Samedi dernier, Michaela et moi sommes alles au theatre, et non des moindre: le Stavovské Divadlo (le theatre des Etats), ou Mozart dirigea la premiere de son “Don Giovanni” en 1787 et ou fut entendu en 1831 pour la premiere fois: “Kde domov můj” (Ou est ma maison?) qui allait ensuite devenir l’hymne national tcheque. Un lieu historique donc, pour une piece qui l’est autant: “Richard III” de William Shakespeare.
La piece etait en Tcheque, mais le jeu des acteurs (la plupart d’ailleurs tres connus), la mise en scene et les decors/jeux de lumieres etaient tels que j’ai pu suivre sans comprendre la plupart des dialogues (quoique je me suis surpris a comprendre le fameux cri de Richard: “Un cheval! Mon royaume pour un cheval!” en Tcheque, s’il vous plait). L’histoire etait transposee dans un passe assez proche, une sorte d’uchronie rappelant les annees 30 mais marquee par un style gothique entre “The Crow” d’Alex Proyas et l’”Excalibur” de John Boorman, ou encore du “Dracula” de Coppola. Puis avec Richard qui vacille dans la folie, les costumes et l’histoire prennent une note plus sombre et l’on penetre dans un cauchemard, entre IIIeme Reich et clowns sortis d’un roman de Stephen King. Hallucinant… Le decor – le meme tout au long de la piece mais habilement redecore ou agence par ajout d’objets, comme par exemple un piano descendant du plafond, ou jeu de lumieres – est bati comme une tour en metal rouille, exterieur d’une ancienne usine ou interieur d’un silot. Un balcon pour l’apparition du roi, des oubliettes, et un asenceur qui surgit du sol, annoncant: “Welcome to the Tower”, et qui amene vers les oubliettes, et la mort, les malheureux victimes des manigances de Richard.
Quelques photos de la piece et des decors sur le site du Theatre National: Richard III.
Au passage, le role de Richard etait joue par un autre Richard, Richard Krajčo, vraiment excellent, et qui en plus d’etre acteur est egalement chanteur du groupe Kryštof (et qui pour la petite histoire a ete marie un temps a Iva – cf. un post precedent), comme sur le titre suivant que j’adore autant que le clip: “Rubikon“.
